
Le "Borloo populaire" bientôt en application
Le projet de loi proposé par Jean-Louis Borloo
pour faciliter l'accession à la propriété, a
été adopté le 31 janvier 2006 à
l'assemblée nationale.
Le texte doit à présent
retourner au Sénat où il avait été
examiné en première lecture le 26 novembre dernier.
Le "Borloo populaire" est ainsi nommé parce qu'il impose des contreparties sociales, contrairement au "Robien", institué en 2003.
Il s'adresse aux investisseurs qui achètent un logement neuf et s'engagent à le louer pendant 9 ans à des locataires dont les ressources sont plafonnées, en pratiquant un loyer fixé par décret, inférieur de 30 % à ceux du marché.
Ces
propriétaires pourront alors déduire des loyers soumis à l'impôt une
partie du prix d'achat du logement selon l'échéancier suivant, inspiré
du Robien, en plus étalé : 6 % par an pendant les 7 premières années de location, 4 % les 2 années suivantes et 2,5 % les 6 dernières années, soit 50 % en 9 ans ou 65 % en 15 ans.
Il est peut-être temps pour ceux qui veulent pratiquer une opération de ROBIEN, de se lancer, avant que cette loi ne se substitue aux avantages de ROBIEN en cours.
Les changements de contrats de mariage exonérés de droits d'enregistrement
Les
changements et modifications de régimes matrimoniaux sont exonérées de
droits d'enregistrement lorsque c'est un régime communautaire qui est
adopté. Cette mesure avait été prise l'année dernière de manière
temporaire, elle est confortée par la loi de finances pour 2006.
Successions et donations : profiter des nouveaux avantages fiscaux [ 04/01/06 ]
Nouvelles
exonérations en faveur de certains parents, diminution de 10 à 6 ans du
délai entre deux transmissions à titre gratuit, hausse de l'âge maximal
permettant de faire une donation à ses proches avec une réduction des
droits à payer...
Les nouvelles mesures fiscales
introduites par la loi de finances pour 2006 sont très favorables aux
personnes qui souhaitent faire des donations à leurs proches.
De nouveaux abattements en faveur des proches
Depuis
le 1e r janvier 2006, un nouvel abattement de 5.000 euros est
créé. Cet abattement de 5.000 euros est applicable entre :
- chacun des frères et sœurs,
- oncles ou tantes au profit de chacun des neveux et nièces,
- arrière-grands-parents au profit de chacun des arrière-petits-enfants.
Le délai entre deux donations passe à 6 ans
Alors
que jusqu'à fin 2005, les donations ne pouvaient avoir lieu que tous
les 10 ans, désormais, le rappel fiscal des donations antérieures est
limité aux donations consenties depuis moins de 6 ans. Cette mesure est
intéressante pour des parents qui désirent donner hors droits de
succession et de donation à leurs enfants. En effet, en l'espace de 18
ans chaque enfant peut, dorénavant recevoir 150.000 euros (trois fois
50.000 euros) de la part de chacun de ses parents, alors qu'il devait,
antérieurement, attendre 30 ans pour recevoir la même somme.
Les
parents peuvent donner à chacun de leurs enfants 50.000 euros sans
avoir à acquitter de droit sur ces donations. Cet abattement est
identique à celui accordé aux enfants lors du décès de leur parent. De
plus, le fisc accepte que cette opération soit renouvelée tous les 6
ans, en profitant à nouveau de l'abattement de 50.000 euros. Comme le
conjoint peut faire de même, un couple peut donner à chacun de ses
enfants 100.000 euros tous les 6 ans en totale exonération fiscale.
Un
principe similaire s'applique pour les donations consenties à ses
petits-enfants. Mais l'abattement se limite à 30.000 euros tous les 6
ans.
Un petit-enfant peut donc recevoir 60.000 euros (30.000 euros
de la part du grand-père et 30.000 euros de la part de la grand-mère),
tous les 6 ans en totale exonération de droits.
Conséquence : plus
un donateur transmet des biens avant son décès, moins il en coûtera à
ses héritiers au moment de l'ouverture de sa succession. En faisant
preuve de générosité au profit de ses proches à partir de la
cinquantaine, un donateur pourra faire profiter le donataire plusieurs
fois de l'abattement.
Exemple :
Un particulier âgé de 62 ans a
donné 50.000 euros à un de ses enfants. Il n'y a aucun droit à payer
puisqu'il n'a pas dépassé le seuil de l'abattement accordé aux
donations tous les 6 ans. S'il renouvelle cette opération pour le même
montant à l'âge de 68 ans, les droits à payer seront inexistants,
puisque le montant de la seconde donation n'excédera pas le seuil de
l'abattement.
Des réductions de droits pour les donations faites avant 80 ans
En
complément de la possibilité de faire des donations désormais exonérées
d'impôts tous les six ans, les âges permettant de bénéficier de
réductions de droits de mutation sont relevés. Les limites d'âge du
donateur (celui qui donne) qui conditionnent les réductions de droits
applicables aux donations sont augmentées de 5 ans.
Ainsi, si la
donation réalisée est taxable après l'abattement, les droits dus sont,
alors, réduits en fonction de l'âge du donateur. Depuis le 1e r janvier
2006, les conditions d'âge pour bénéficier d'une réduction des droits
de mutation à titre gratuit sont relevées :
Donateur
âgé de moins de 70 ans faisant une donation en pleine
propriété ou une donation en usufruit :L'abattement est de 50 % jusqu'à la veille des 70 ans (au lieu de 65 ans jusqu'à fin 2005).
Donateur âgé de moins de 70 ans faisant une donation en nue-propriété : L'abattement est de 35 % jusqu'à la veille des 70 ans (au lieu de 65 ans jusqu'à fin 2005).
Donateur
âgé de moins de 80 ans faisant une donation en pleine
propriété ou une donation en usufruit : L'abattement est de 30 % jusqu'à la veille des 80 ans (au lieu de 75 ans jusqu'à fin 2005).
Donateur âgé de moins de 80 ans faisant une donation en nue-propriété : L'abattement est de 10 % jusqu'à la veille des 80 ans (au lieu de 75 ans jusqu'à fin 2005).
Ces
nouvelles mesures, applicables depuis le 1e r janvier 2006, sont
extrêmement favorables à la transmission de biens aux proches.
Crédits d'impôt et réductions : les nouveautés pour 2006 [ 04/01/06 ]
Plusieurs
avantages fiscaux en faveur des particuliers sont instaurés ou
aménagés, notamment, en faveur des économies d'énergie, pour les
personnes faisant preuve de mobilité afin de trouver du travail.
De
nouveaux avantages fiscaux sont mis en place et les taux de certains
crédits d'impôts sont fortement majorés.
Crédit d'impôt en faveur des économies d'énergie
Pour
les dépenses réalisées jusqu'à fin 2009, le taux du crédit d'impôt
passe de 40 % à 50 % pour les équipements utilisant une énergie
renouvelable et de 25 % à 40 % pour les chaudières à condensation et
les matériaux d'isolation.
En outre, à compter de l'imposition des
revenus de 2006, la majoration pour personne à charge est fixée à 400
euros (ou la moitié de cette somme si la charge de l'enfant est assumée
par des parents séparés ou divorcés).
Font, aussi, l'objet d'une
nouvelle réduction d'impôt, le coût des équipements de raccordement à
un réseau de chaleur, alimenté majoritairement par des énergies
renouvelables ou par une installation de cogénération. Ces travaux
doivent être payés entre le 1 er janvier 2006 et le 31 décembre 2009
dans le cadre de travaux réalisés dans un logement achevé ou intégrés à
un logement acquis neuf entre le 1 er janvier 2006 et
le 31 décembre
2009 ou encore intégrés à un logement acquis en l'état futur
d'achèvement ou que le contribuable fait construire, achevé entre le 1
er janvier 2006 et le 31 décembre 2009.
Crédit d'impôt pour frais de garde des jeunes enfants
Le crédit d'impôt est porté de 25 à 50 % à compter de l'imposition des revenus de 2006.
Ces dépenses restent retenues dans la limite annuelle de 2.300 euros/an et par enfant.
Crédit d'impôt pour les prêts étudiants
Un
crédit d'impôt est mis en place pour les prêts étudiants souscrits
entre le 1 er septembre 2005 et le 31 décembre 2008 par les étudiants
âgés de 25 ans au plus pour le financement de leurs études supérieures.
Il est égal à 25 % du montant des intérêts d'emprunt effectivement
payés au cours de l'année d'imposition.
En outre, rappelons que les
jeunes salariés peuvent, désormais depuis l'ordonnance 2005-895 du 2
août 2005, obtenir un crédit d'impôt de 1.000 euros, sous certaines
conditions tenant à leur nouvel emploi et à condition de commencer une
activité salariée entre le 1er juillet 2005 et le 31 décembre 2007 et
de l'exercer pendant au moins six mois consécutifs.
Crédit d'impôt en faveur des demandeurs d'emploi
Un
crédit d'impôt de 1.500 euros est institué en faveur des demandeurs
d'emploi, des titulaires de minima sociaux et des personnes visées par
un plan social qui déménagent à plus de 200 km de leur domicile, entre
le 1e r juillet 2005 et le 31 décembre 2007, afin d'exercer une
nouvelle activité salariée. L'activité doit être exercée pendant une
durée au moins égale à six mois consécutifs.
Déduction supplémentaire sur les loyers perçus en cas de mobilité professionnelle
Lorsque
le contribuable transfère son habitation principale pour des raisons
professionnelles, il peut bénéficier d'une déduction égale à 10 % sur
les revenus bruts annuels tirés de la location de son ancienne
habitation principale. Cette déduction est valable jusqu'au 31 décembre
de la troisième année qui suit la date de sa mise en location ou
jusqu'à la date de l'acquisition d'une nouvelle habitation principale
si elle est antérieure.
L'ancienne habitation principale du
contribuable, pour laquelle la déduction est demandée, doit être donnée
en location nue à titre d'habitation principale du locataire,
immédiatement après le transfert du domicile.
La nouvelle habitation
principale doit être prise en location dans l'année qui suit la date du
début de l'exercice de la nouvelle activité et doit être située à plus
de 200 kilomètres de celle précédemment occupée. Le bailleur de cette
nouvelle habitation ne peut être un membre du foyer fiscal du
contribuable ou une société dont ce dernier ou l'un des membres du
foyer fiscal est associé.
Crédit d'impôt en faveur des automobiles propres
Le
crédit d'impôt pour l'acquisition ou la location avec option d'achat ou
la location pour une durée d'au moins deux ans d'un véhicule propre est
porté de 1.525 à 2.000 euros (3.000 euros au lieu de 2.300 euros en cas
de destruction d'un véhicule circulant depuis le 1 er janvier 1997).
Le
véhicule propre est défini comme étant celui qui fonctionne
exclusivement ou non au moyen du gaz de pétrole liquéfié (GPL), de
l'énergie électrique ou du gaz naturel véhicule (GNV), dès lors que ce
véhicule émet moins de 140 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre.
En
revanche, une taxe additionnelle sur les certificats d'immatriculation
est créée pour les voitures particulières rejetant un niveau élevé de
dioxyde de carbone (2 euros par gramme à partir de 200 grammes de
dioxyde de carbone émis au kilomètre, 4 euros par gramme à partir de
250 grammes de dioxyde de carbone émis au kilomètre).
Les intérêts des plans d'épargne logement de plus de 12 ans sont imposés
Les
intérêts acquis à compter du 1er janvier 2006 sur les plans d'épargne
logement de plus de 12 ans (ou, pour les plans ouverts avant le 1er
avril 1992, jusqu'à leur date d'échéance ) sont imposables à l'impôt
sur le revenu au barème progressif ou, sur choix du titulaire du plan,
au prélèvement libératoire forfaitaire (16 %).
Par ailleurs, les
prélèvements sociaux de 11% sont également dus sur les intérêts des PEL
de 10 ans ou plus. Les prélèvements sociaux restent dus lors du
dénouement du PEL, si celui-ci intervient avant le 10 e anniversaire du
plan.
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