A
l'occasion d'un mariage, se pose la question du choix du régime
matrimonial. Sans contrat, le régime est par défaut celui de la communauté réduite aux acquêts. Néanmoins, il peut parfois être intéressant de différencier le patrimoine de chacun. Au
cours de la vie conjugale, d'autres régimes peuvent être envisagés pour
renforcer la protection du conjoint survivant, par exemple.
Après
deux années de mariage, conformément à l'article 1397 du Code civil,
les époux peuvent en effet convenir dans l'intérêt de la famille de
modifier ou de changer entièrement leur régime matrimonial par un acte
notarié soumis à l'homologation du Tribunal de Grande Instance du
domicile
1. Différencier le patrimoine et les dettes de chacun
Adopter le régime de la séparation de biens
Dans
le cadre de ce régime, chaque époux est seul propriétaire de l'ensemble
de ses biens, que ceux-ci aient été acquis avant le mariage ou pendant,
à titre gratuit ou à titre onéreux, mais également de l'intégralité des
revenus qui en sont issus. Les conjoints peuvent librement
administrer, gérer ou disposer de leurs avoirs personnels. Ils peuvent
néanmoins acquérir ensemble certains biens, dont ils seront alors
propriétaires indivis dans les proportions liées à leur financement
respectif. De même, l'époux assume seul ses dettes et n'est pas tenu
des dettes de son conjoint à l'exception de celles résultant des
charges du mariage ou de celles contractées pour l'entretien du ménage
ou des enfants et des impôts.
A savoir Pour
éviter les contraintes liées à l'indivision et tempérer ce régime
séparatiste, l'adjonction d'une société d'acquêts peut être envisagées.
Elle se traduit par la mise en place d'une communauté réduite
limitativement à certains biens déterminés par les époux et dont les
règles de fonctionnement et de liquidation sont similaires à celles
d'une communauté ordinaire.
Adopter le régime de la participation aux acquêts
Le régime de la participation aux acquêts concilie deux régimes distincts :
• Pendant la vie conjugale : Ce régime est assimilable à celui de la séparation de biens.
• A la dissolution du régime par divorce ou décès : Ce régime est assimilable à celui de la communauté
intérêt patrimonial
Permet
de profiter équitablement, lors de la dissolution du régime
matrimonial, de la valorisation des actifs des deux époux.
2. Renforcer la protection du conjoint survivant
Pour
renforcer la protection du conjoint, nous vous proposions il y a
quelques mois la donation au dernier vivant. Il est également possible
d'adopter des mesures complémentaires et de changer de régime
matrimonial.
Mettre en place une convention matrimoniale ou un avantage matrimonial
Cette
convention se traduira, en pratique par l'attribution au conjoint
survivant, en dehors de la succession, du ou des biens visés. Les
avantages matrimoniaux, qui portent nécessairement sur des biens
appartenant à la communauté, ne constituent pas des libéralités et ne
sont donc pas soumis aux droits de mutation par décès.
A savoir Une fois mis en place, les avantages matrimoniaux sont irrévocables.
Autre intérêt patrimonial
Limite le coût fiscal de la transmission entre époux
Adopter le régime de la communauté universelle
La
communauté universelle comprend tous les biens des époux présents et à
venir (à l'exception des biens propres par nature). Sauf clause
spécifique, chacun des époux est ainsi titulaire de la moitié du
patrimoine sans distinction de l'origine des biens (biens détenus,
acquis ou reçus avant et pendant le mariage). A la dissolution de la
communauté de mariage, en l'absence de clause particulière, la
communauté est partagée par moitié (50 % attribués au conjoint
survivant, 50 % constituant l'actif de succession dévolu aux héritiers
y compris le conjoint survivant).
A savoir L'adoption
de ce régime est à déconseiller lorsqu'il existe
des enfants issus du premier lit de l'un des deux
époux.
Autre intérêt patrimonial
Limite le coût fiscal de la transmission entre époux
Autres Solutions
D'autres
solutions peuvent être envisagées : la mise en place d'une société
d'acquêts assortie d'un avantage matrimonial, par exemple. N'hésitez
pas à contacter nos conseillers pour trouver la solution qui vous
conviendra le mieux.