Vous
ne souhaitez pas qu'on sache que vous êtes propriétaire de cette
superbe demeure. Et vous avez l'idée de vous cacher derrière
une S.C.I. L'anonymat ne résistera pas longtemps… La S.C.I doit se
faire immatriculer au registre des sociétés tenu par le greffe du
tribunal de commerce de son siège social. Sans cette formalité, elle
n'a pas la «personnalité juridique», un élément essentiel de son
existence. Il lui sera impossible, par exemple, d'ouvrir un compte en
banque ou de faire valoir ses droits en justice. N'importe qui
peut se procurer un extrait de ce registre, sur lequel figure le nom
des associés. Pour faire durer le mystère un peu plus longtemps :
donnez à la S.C.I un siège social très éloigné du lieu de situation de
la maison - le domicile d'un associé, par exemple.
2.Acheter en couple avec de très jeunes enfants
Dans
l'indivision, les décisions se prennent à l'unanimité. Dans la S.C.I,
tout dépend des statuts. Le gérant peut diriger seul avec des pouvoirs
très larges : acheter, emprunter, vendre (sauf en cas d'associé
mineur). Même s'il n'a plus qu'une part de la société ! Il peut donner
toutes les autres, à ses enfants par exemple, et rester maître à bord.
Des garde-fous sont cependant prévus : le gérant doit rendre compte aux
associés au moins une fois par an et ses actes doivent être conformes à
l'objet social indiqué dans les statuts. De plus, il engage sa
responsabilité, tant civile que pénale, pour les fautes éventuellement
commises. Inconvénient - Avec l'âge, le gérant risque
de perdre ses facultés intellectuelles. Si, les statuts ont limité les
possibilités de révocation, sa destitution va nécessiter un recours au
tribunal, après constat d'incapacité par un médecin
3.Échapper aux créanciers
Beaucoup
pensent que le risque encouru par les associés d'une société civile
immobilière se limite à leur apport dans le capital. C'est une
erreur «Les associés répondent indéfiniment des dettes sociales, à
proportion de leur part dans le capital», dit l'article 1857 du Code
civil. Un associé détenant la moitié des parts est tenu de payer la
moitié de toutes les dettes de la S.C.I. Il n'est pas permis d'alléger
cette responsabilité. Mais il est possible de l'alourdir. C'est ce
que ne font les banques quand elles consentent un prêt à une S.C.I.
Elles exigent la caution solidaire des associés ou, du moins, du plus
solvable d'entre eux. En cas de défaillance de la société, le prêteur
réclamera la totalité des remboursements à cet associé, à charge pour
lui de se retourner contre les autres.
4. Déduire des impôts les charges de sa résidence principale
«Si,
au lieu d'acheter en direct mon logement, je créais une S.C.I qui me
loue le bien, ne pourrais-je pas déduire des loyers toutes les charges,
travaux, intérêts d'emprunt.? Le déficit foncier viendrait en déduction
de mes autres revenus fonciers, voire de mon revenu global, et me
ferait faire une belle économie d'impôt.» La question revient souvent
dans vos courriers. Ne rêvez pas, l'administration vous accuserait
d'abus de droit ! En effet, aucune charge n'est déductible du logement
dont le propriétaire se réserve la jouissance. Le bail conclu entre la
société et son unique associé n'a d'autre but que de faire échec à ce
principe. Le fisc redresse donc, avec intérêts de retard et pénalités,
car il n'y a aucune chance que la bonne foi du contribuable soit
reconnue. Petite consolation, en cas de vente : l'associe qui occupait
le logement à titre de résidence principale échappe à l'impôt sur les
plus-values sur la partie de prix qui lui revient.
5.Se vendre un bien à soi-même
Le
cas d'un propriétaire bailleur lourdement taxé sur ses revenus fonciers
depuis qu'il n'a plus de crédit sur le bien
loué. Il veut créer une S.C.I qui va emprunter et lui
racheter le bien. D'une part, il encaisse le prix, d'autre part, il
allège sa facture fiscale en déduisant à nouveau des intérêts. Mais le
fisc veille. En considérant que la vente est uniquement fondée sur des
préoccupations fiscales, il invoquera l'abus de droit et refusera la
déduction des intérêts. La «vente à soi-même» doit avoir d'autres
motivations : solder un prêt en cours et réemprunter à meilleur taux,
par exemple, ou substituer un prêt classique à un crédit in fine dont
on ne peut pas rembourser le capital. Sous réserve de la bien vaillance
de l'administration Fiscale.
6.Donner la nue-propriété d'un investissement Périssol, Besson ou Robien
Les époux
qui, avant le 31 août 1999, ont fait un investissement Périssol en
S.C.I ne peuvent, pendant les neuf années de location obligatoire, pas
donner la nue-propriété des parts à leurs enfants. Même s'ils
conservent l'usufruit et que le bien reste loué ! L'administration les
redresserait en considérant qu'ils n'ont pas respecté leur engagement
de conserver les parts pendant neuf ans. Si ces mêmes époux
avaient acheté le bien en direct, sans passer par une S.C.I, ils
pourraient en donner la nue-propriété à leurs enfants. Dès lors que le
logement reste loué, les propriétaires, devenus usufruitiers,
conservent le droit de déduire l'amortissement. Mieux encore, celui-ci
est toujours calculé sur la valeur de la pleine propriété. C'était trop
beau ! En prenant la place du Périssol, le dispositif Besson a écarté
toute possibilité de faire donation de la nue-propriété, qu'elle porte
sur le bien lui-même ou sur des parts de S.C.I. Il en est de même dans
le nouveau dispositif Robien.