En
cas de décès d'un époux, le survivant peut rester dans le logement,
gratuitement pendant un an, voire jusqu'à la fin de sa vie (articles
763 et 764 du Code civil). Pour les concubins, même pacsés, cela n'est
pas possible. Quand l'un des deux décède, ses héritiers peuvent
mettre le survivant à la porte. Pour pallier à cela, il suffit aux
concubins d'acheter en S.C.I et de se céder mutuellement l'usufruit de
leurs parts. Si l'acquisition a été faite à crédit, les frais
sont minimisés. Chacun devient nu-propriétaire de ses parts et
usufruitier de celles de l'autre. Au premier décès, l'usufruit du
défunt s'éteint. La moitié en nue-propriété du concubin en vie devient
moitié en pleine propriété, sans aucun droits de succession à
payer. Sur l'autre moitié, il conserve l'usufruit et peut
jouir de la totalité du logement pour le restant de sa vie. Seule
lui échappe la nue-propriété des parts du défunt. Mais en rédigeant une
clause d'agrément on lui permettra de les racheter. Cette solution
est plus intéressante que la tontine, trop dangereuse et
limitée. Son avantage fiscal profite seulement aux logements valant
moins de 76 000 euros au jour du premier décès. Inconvénient
- Aucun, sauf que la cession croisée de parts démembrées est un acte
assez technique qui justifie l'intervention d'un notaire ou d'un avocat.
2. Gérer seul avec les pleins pouvoirs
Dans
l'indivision, les décisions se prennent à l'unanimité. Dans la S.C.I,
cela dépend des statuts. Le gérant peut diriger seul avec des pouvoirs
très larges : acheter, emprunter, vendre (sauf en cas d'associé
mineur). Même s'il n'a plus qu'une part de la société ! Il peut
donner toutes les autres, à qui bon lui semble, et rester maître à
bord. Des limitations sont prévues : le gérant doit rendre compte aux
associés au moins une fois par an et ses actes doivent être conformes à
l'objet social indiqué dans les statuts. Il engage sa
responsabilité, tant civile que pénale, pour les fautes éventuellement
commises. Inconvénient - Avec l'âge, le gérant risque
de perdre ses facultés intellectuelles. Si, en plus, les statuts ont
limité les possibilités de révocation, sa destitution va nécessiter un
recours au tribunal, après constat d'incapacité par un médecin.
3. Verrouiller le capital et éviter toute intrusion
Quand
un indivisaire décède, ses héritiers intègrent l'indivision et
compliquent encore un peu plus sa gestion. Impossible dans la
S.C.I. Par une clause dite «d'agrément», à inclure dans les statuts,
les associés peuvent soumettre à leur accord préalable l'entrée de
toute nouvelle personne dans le capital social. La clause peut
concerner tous les modes de transmission des parts: la vente, la
transmission par donation ou succession, même au profit du conjoint ou
d'un descendant ! Seule condition : faute d'agréer le nouveau venu, les
autres associés devront racheter ses parts au sortant. Inconvénient
- En voulant trop verrouiller le capital, on finit par rendre
toute cession de parts impossible, sauf au profit des coassociés… et à
condition de s'entendre sur le prix. En cas de désaccord, la valeur des
parts doit être établie par un expert, choisi par les associés ou
désigné par le juge.
4.Conserver une propriété de famille entre plusieurs générations
C'est
la maison où enfants et petits-enfants ont l'habitude de se retrouver.
Préparant leur succession, les grands-parents constituent une S.C.I à
laquelle ils apportent le bien. Ils continuent à habiter la
maison, conservent pour eux l'usufruit des parts et répartissent la
nue-propriété entre tous leurs descendants. Avec les conseils du
notaire, les règles de réserve héréditaire et de quotité disponible
sont respectées et le bénéfice des abattements fiscaux
optimisé. La transmission de la propriété est assurée. Libre
ensuite à chacun de conserver ses parts et de séjourner dans la maison
s'il en a envie. Sinon, il peut toujours les céder à un oncle ou à une
cousine plus attachés que lui à cette propriété. Inconvénient - Tout se passe bien tant que chacun y met du sien. Possibilité de racheter les parts de celui qui veut partir.
5.Sortir l'immobilier des actifs professionnels
Propriétaire
des murs et du fonds, un chef d'entreprise souhaite vendre et prendre
sa retraite. L'ensemble vaut trop cher pour les repreneurs intéressés.
Il sort alors l'immobilier et l'apporte à une S.C.I constituée par
lui-même, son conjoint et leurs enfants. Il vend le fonds séparément,
pour un prix plus abordable, à un repreneur et la S.C.I lui loue les
murs. Avec les loyers, il s'assure des revenus pour sa retraite. En
faisant donation progressive de la nue-propriété des parts de S.C.I à
ses enfants, il transmet le bien en douceur. En se nommant gérant
statutaire, il peut continuer à diriger. Inconvénient
- Aucun, en dehors du risque de non-paiement des loyers par le
locataire. Il peut de toutes façons s'assurer contre ce risque.
6.Réaliser un gros investissement à plusieurs
En
achetant un immeuble entier, l'investisseur fait une
bien meilleure affaire que s'il acquiert plusieurs lots
séparés. Il échappe au statut de la copropriété. Mais l'opération
nécessite souvent des capitaux très importants. Il
peut s'associer avec un parent ou un ami et acheter en S.C.I ?
Autre exemple: celui d'un investissement locatif dans le cadre de
l'amortissement Robien. A deux, il devient plus facile d'acheter une
grande maison neuve, très recherchée par les locataires. L'avantage est
alors doublé. La limite annuelle du déficit foncier imputable sur le
revenu global est de 10 700 euros par associé investisseur. A
condition, bien sûr, qu'il ne soit pas locataire du bien ! Inconvénient - Difficile de revendre ses parts. Il faut revendre le bien d'un commun accord entre associés.
7.Vendre un bien à ses enfants
Des
parents âgés sont propriétaires d'un immeuble
locatif qu'ils souhaitent
transmettre à leurs enfants majeurs. Plutôt que de leur
donner le bien,
ils le vendent à une S.C.I qui sera constituée par les
enfants. La
société emprunte et les loyers couvrent les
remboursements de prêt. Si
les enfants perçoivent eux aussi des loyers et sont, de plus,
fortement
imposés, la société a alors intérêt
à souscrire un crédit in fine.
L'opération permettra aux associés de ne pas
dégager de bénéfices
fonciers supplémentaires, voire de réaliser un
déficit déductible de
leurs autres revenus fonciers. Si les parents n'ont pas
besoin d'argent, ils peuvent placer le montant de la vente sur un
contrat d'assurance vie, en désignant les enfants comme
bénéficiaires.
A terme, ceux-ci se retrouveront avec l'immeuble et l'argent de
l'immeuble avec une fiscalité
allégée.
Inconvénient - Ce montage requiert les conseils d'un spécialiste de l'ingénierie patrimoniale.
8.Rénover et transmettre un immeuble
Si
l'immeuble loué nécessite de gros travaux : ravalement, toiture, etc.
Les parents en font apport à une S.C.I constituée avec leurs enfants.
La société opte dès le départ pour l'impôt sur les sociétés (IS), puis
se lance progressivement dans les travaux, financés partiellement à
crédit. L'intérêt de l’ IS est de pouvoir amortir le bien, à un taux
compris entre 3 et 4 %. Cette charge est déductible du résultat et
permet à la société de réduire son impôt… et de dégager de la
trésorerie, ce qui permet de payer les travaux. C'est autant
de moins que les associés doivent apporter en compte courant. Inconvénient
- L'option à l’ IS est irrévocable. De plus, la société perd sa
transparence fiscale. Si elle verse des dividendes, ceux-ci se
retrouveront imposés deux fois, au niveau de la société et des
associés. A réserver pour une rénovation lourde accompagnée de la
transmission des parts sociales aux héritiers.
9.Donner des parts plutôt que des droits indivis
Prenons
l'exemple d'un logement de 150 000 euros, sur lequel il reste 90 000
euros de crédit. En cas de donation d'un tiers de l'indivision, les
droits sont calculés sur ce pourcentage de la valeur réelle du bien,
soit 50 000 euros, sans tenir compte du prêt. En revanche, si le
logement est en S.C.I, la valeur des parts sociales est égale à celle
de l'immeuble moins les dettes, soit 60 000 euros. La donation d'un
tiers des parts sera taxée sur 20 000 euros. Inconvénient
- La S.C.I doit être bien tenue. Sinon, l'administration pourrait
l'accuser d'être fictive et la requalifier en… indivision !